close

Une question ou une remarque? Faites-le nous savoir!

Syndicaliste // Confédération des syndicats chrétiens (CSC) // Secrétariat de rédaction // Donatienne Coppieters // syndicaliste@acv-csc.be // Besoin de plus d'informations? Visitez www.cscmilitants.be

Terug naar huidig nummer

L'ACTU /

Âge de la pension des pilotes: une législation kafkaïenne

TEXTE Donatienne Coppieters / PHOTO Shutterstock / 13 MAI 2026 / TEMPS DE LECTURE 2 MINUTES

Les pilotes d’avion se trouvent aujourd’hui dans une situation particulièrement absurde. La réglementation européenne et mondiale leur interdit de voler après l’âge de 65 ans, mais la législation belge sur les pensions les oblige à travailler jusqu’à 66 ans, et bientôt jusqu’à 67 ans, comme les autres travailleurs.

«La CNE dénonce la méconnaissance totale des réalités du monde du travail de la part du ministre des Pensions, Monsieur Jambon, car cela fait plus de 14 ans que nous avertissons qu’il y aura un problème avec la pension à 67 ans, explique Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE pour le secteur aviation. Une règle européenne et mondiale, établie par des experts en sécurité aérienne pour qui la sécurité prime avant tout, prévoit que les pilotes ne peuvent plus voler après 65 ans. Vouloir changer ces normes de sécurité internationales, simplement pour adapter les règles au programme politique belge sur les pensions, est totalement surréaliste et ridicule. Ce ne sont pas les règles établies par les experts de la sécurité aériennes valables dans tous les pays de la planète qui doivent s’adapter à la réforme des pensions du petit Monsieur Jambon, mais l’inverse, comme cela se fait partout ailleurs.»

ronde-foto-didier.png

«Monsieur Jambon veut changer les règles internationales de sécurité. Je le vois mal aller expliquer cela aux experts et aux pilotes américains qui tiennent à leur pension à 65 ans. Je crois qu’il reviendrait en barque en Europe.

DIDIER LEBBE

Des solutions?

De son côté, Jan Jambon estime que ce problème ne relève pas de sa politique et que les compagnies aériennes doivent le résoudre en proposant d’autres fonctions aux pilotes. Mais fin avril, une compagnie aérienne a explicitement décidé qu’elle ne proposerait pas un autre emploi aux pilotes atteignant 65 ans.

«Aujourd’hui, la situation est scandaleuse, déplore Didier Lebbe. Au lieu de recevoir une coupe de champagne à l’issue de leur dernier vol, les pilotes reçoivent maintenant leur C4 sans indemnités ni droit au chômage. De plus, s’ils prennent leur pension anticipée à 65 ans, ils subissent un malus de 5%, qui passera à 10% lorsque l’âge légal sera de 67 ans. La solution serait de revenir à un système de prépension pour faire le lien entre 65 et 67 ans. Cette solution arrangerait les pilotes, les compagnies aériennes et l’État belge, qui comblerait ainsi la lacune et le vide juridique qu’il a lui-même créé et qu’il a donc l’obligation de combler. Cette solution de prépension se pratique dans tous les pays où l’âge de la pension a été relevé au-delà de l’âge de 65 ans.

Les propositions de Monsieur Jambon, comme celle de devenir instructeur, sont absurdes, puisqu’on ne peut pas former de pilotes sans posséder soi-même une licence de vol valide vu que les formations se font en vol. On ne peut pas ignorer la réalité du travail pour imposer une idéologie politique. Si aucune solution n’est trouvée, ces travailleurs finiront, comme dans beaucoup d’autres secteurs, en maladie, ce qui pèsera de toute façon sur la sécurité sociale.»

Préavis de grève

Plus de 1.000 pilotes travaillent sous contrat belge, pour des compagnies de passagers comme Brussels Airlines, Ryanair et Tui, ou pour des compagnies cargo comme ASL et DHL.

Étant donné que cette situation est fondamentalement intenable, la CNE a déposé un préavis de grève sectoriel pour l’aviation belge. Les pilotes attendent du ministre des Pensions des solutions structurelles et équitables.

Related articles