EMPLOI SOUS LES PROJECTEURS /
« Les journées sont parfois longues mais nous pouvons rentrer plus tôt chez nous quand c’est plus calme »
CONDUCTEUR DE CHARIOT ELEVATEUR
Texte : Michiel Leen // Traduction et adaptation : A-C M-L // Photo : Sofie Gheysens // printemps 2025 // temps de lecture: 4 minutes
Il a des racines limbourgeoises mais a déménagé à Anvers il y a quelques années. En tant que Limbourgeois travaillant dans un entrepôt anversois comme conducteur de chariot élévateur, Davy Lavreysen doit donc s’accommoder des plaisanteries de ses collègues. « Je me suis vite adapté. Nous formons une bonne équipe et j’aime mon travail ».
Davy Lavreysen a rejoint l’entreprise logistique anversoise Gosselin en février 2018. «J’ai commencé dans le service déménagement ‘ELSO’ qui s’occupe entre autres des transports pour l’ambassade américaine (et constitue le cœur historique de l’entreprise - NDLR). C’était - et c’est toujours - un travail physiquement exigeant et souvent soumis à des prestations irrégulières. Heureusement, on s’efforce à le rendre moins stressant grâce à différentes techniques de levage et l’utilisation de machines adaptées.
Ensuite, je suis passé au service logistique en tant que conducteur de chariot élévateur. Je charge et décharge des conteneurs contenant une grande variété de marchandises. Cette fonction comprend également des tâches administratives ainsi que le scannage et la photographie des marchandises afin d’éviter les discussions avec les clients au sujet d’éventuels dégâts».
« J’essaierai toujours de défendre les collègues qui ont des problèmes avec la direction, mais ils doivent être honnêtes avec moi »
Davy Lavreysen
Pour les entreprises de logistique comme Gosselin, il n’est pas facile d’attirer et de retenir des travailleurs. « Tout le monde n’est pas prêt à travailler aux salaires de départ pratiqués dans le secteur. Gosselin se trouve juste à l’extérieur de la zone portuaire où les travailleurs portuaires peuvent bénéficier de conditions plus intéressantes. D’autre part, le travail effectué dans un port a un impact important sur la vie sociale. Nous devons parfois prester de longues journées mais nous pouvons rentrer chez nous plus tôt quand c’est calme ».
Flexi-jobs
Des personnes de différentes nationalités travaillent dans l’entrepôt. Davy aide volontiers les collaborateurs allochtones à traduire les documents administratifs. « Vous n’allez pas signer quelque chose que vous ne comprenez pas, non ? En tant que syndicaliste, j’essaierai toujours de défendre les collègues qui ont des problèmes avec la direction », affirme Davy. « Mais ils doivent être honnêtes avec moi, sinon je ne peux rien faire pour eux. Je ne veux pas donner l’impression que le syndicat s’occupe de tout, même si quelqu’un dépasse les bornes ».
Davy a également un flexi-job dans l’hôtellerie pendant les matches de football et autres événements.
«Dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, un tel système est nécessaire pour faire face aux pics de travail. Dans notre secteur, je ne pense pas que ce soit introduit de suite. Et si cela se produisait et que je découvrais que cela se faisait au détriment des contrats de travail classiques, je m’y opposerais sans aucun doute en tant que syndicaliste».
Davy Lavreysen combine son travail de manutentionnaire avec un mandat de délégué syndical pour la CSC-Transcom. « J’étais déjà délégué syndical pour la FGTB dans l’abattoir de poulets où je travaillais auparavant. Malheureusement, j’y ai été confronté à une faillite. Aider à gérer cette faillite a été émotionnellement difficile et je n’étais pas fort enthousiaste à l’idée de me représenter comme délégué chez Gosselin. Cependant, mon prédécesseur Transcom à Gosselin a réussi à me convaincre ».
Le passage de la FGTB à la CSC-Transcom a été un choc culturel pour Davy. « À la FGTB, il s’agissait de frapper le plus fort possible sur la table et il y avait aussi une méfiance fondamentale à l’égard de la direction. La CSC donne la priorité à la consultation et essaie toujours de trouver un compromis lors de négociations. J’ai dû m’adapter. Au début, les patrons de Gosselin se disaient : « Oh là là, ce petit gars va nous poser des problèmes ».
Ma permanente, Floor Baleci, m’a aidé à réfléchir et agir selon l’approche CSC. Grâce à elle, la concertation sociale s’est améliorée. L’introduction de chèques-repas et d’une prime de résultat ont été des acquis négociés très appréciés par les collègues. Ils m’ont porté sur leurs épaules dans l’entrepôt ».