TAPE À L’OEIL /
Assez de faire payer l’addition aux travailleurs!
TEXTE Donatienne Coppieters / PHOTO Samuel Defourny / 17 JUIN 2026 / TEMPS DE LECTURE 1 MINUTE
À l’appel des trois syndicats, en front commun, 10.000 personnes ont manifesté à Namur pour exprimer leur colère face aux mesures déjà prises par les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles et leurs inquiétudes pour les mesures à venir.
Les travailleurs du secteur public, les enseignants, le personnel APE, les aides-ménagères en titres-services, les aides familiales, les travailleuses des secteurs de l’accueil de la petite enfance, de la santé et de l’action sociale. Tous ces emplois et ces secteurs sont affaiblis, voire menacés, par les mesures d’austérité budgétaire décidées par les deux gouvernements et les mesures à venir.
Le secrétaire national en charge des Affaires wallonnes, Daniel Cornesse, revient sur les raisons de cette manifestation: «Le discours du ministre-président sur la situation de la Wallonie annonçant qu’il faudra encore trouver près de deux milliards d’ici la fin de la législature et les projets de décrets en cours de rédaction, comme ceux sur les titres-services et sur les dispositifs APE, nous inquiètent. Nous sommes également préoccupés par la fin de la statutarisation dans la fonction publique et par les velléités de suppression des provinces et de fusion des CPAS et des communes. Il faut ajouter à cela la situation de l’enseignement qui, après avoir subi des reculs d’indexation, est maintenant attaqué directement sur la fonction des enseignants et sur les infrastructures. La réforme du secteur de l’insertion socio-professionnelle va également mettre à mal bon nombre d’emplois, tandis que la réforme du droit à la formation des travailleurs, en cours de discussion, risque de restreindre ce droit dans le futur. On ne construit pas l’avenir en fragilisant ceux qui le rendent possible chaque jour.»
Pour les syndicats en front commun, ce n’est pas à la population et aux travailleurs de payer encore une fois l’addition. L’approche du gouvernement, qui consiste uniquement à réaliser des économies et des coupes budgétaires, n’est pas acceptable. Il faut trouver d’autres solutions, et les syndicats doivent être associés à la réflexion. D’autant plus que ces mesures ne s’accompagnent pas de politiques de création d’emplois. «Nous estimons qu’avec tout cela, nous avons là des motivations suffisantes pour manifester et pour demander une rencontre avec les responsables des groupes parlementaires et avec le ministre président de la Région wallonne», conclut Daniel Cornesse.