DANS L’ENTREPRISE /
Assurer la sécurité et le bien-être des jeunes au travail
TEXTE Anaëlle Akwesi & Eva Van Laere / PHOTO Shutterstock / 18 juin 2025 / temps de lecture 4 minutes
Chaque année, des milliers de jeunes entrent sur le marché du travail. Qu’ils soient étudiants, stagiaires, apprentis ou jeunes sous contrat, leur sécurité et leur bien-être au travail doivent être une priorité. En tant que délégué, vous jouez un rôle crucial à cet égard.
Moins expérimentés et donc moins conscients des risques, les jeunes sont plus vulnérables aux accidents du travail. C’est pourquoi le Code du bien-être au travail prévoit des mesures supplémentaires pour leur protection (Livre X, Titre 3).
Qui sont les «jeunes» selon la loi?
Sont considérés comme jeunes au sens de la réglementation:
• les travailleurs âgés de 15 à 18 ans qui ne sont plus soumis à l’obligation scolaire à temps plein; pour certains travaux, l’âge minimum est porté à 16 ans;
• les jeunes sous contrat d’apprentissage ou engagés dans un parcours de formation;
• les apprentis travaillant dans les locaux de pratique de leur établissement scolaire;
• les étudiants jobistes.
Aucune limite d’âge n’est fixée pour les trois dernières catégories.
Analyse des risques et prévention: une obligation légale
Avant d’engager de jeunes travailleurs, l’employeur est tenu de procéder à une analyse des risques. Celle-ci doit tenir compte de leur inexpérience et de leur niveau de formation.
Elle est réexaminée chaque année ou à chaque fois que le poste de travail subit des modifications importantes.
Sur la base de cette analyse, des mesures de prévention sont définies, en concertation avec le conseiller en prévention et intégrées dans le plan global de prévention. Les jeunes doivent être informés préalablement des risques liés à leur travail, des règles de sécurité et des procédures d’urgence à suivre en cas d’incendie ou d’accident.
Le CPPT (ou la délégation syndicale) donne également son avis sur l’accueil et l’encadrement des jeunes.
-//-
«Les jeunes travailleurs sont plus vulnérables aux accidents du travail. C’est pourquoi la législation prévoit des mesures de protection supplémentaires à leur égard.»
_
Surveillance de la santé: une protection sur mesure
Les jeunes de moins de 18 ans doivent obligatoirement passer un examen médical auprès du médecin du travail avant leur première affectation. Cette exigence s’applique aussi aux jeunes plus âgés qui effectuent un travail de nuit ou qui sont exposés à des risques spécifiques.
Dans certains cas, un examen de santé périodique est également requis.
Travaux interdits: la sécurité avant tout
Les jeunes ne doivent pas effectuer de travaux qu’ils sont physiquement ou psychologiquement incapables d’exécuter. La loi interdit notamment l’utilisation de machines dangereuses, l’exposition à des substances toxiques ou cancérigènes, le travail dans des environnements extrêmes (températures, bruit, vibrations), la démolition de bâtiments, le travail en hauteur ou d’excavation comportant des risques. La liste complète des travaux interdits figure à l’annexe X.3-1 du Code du bien-être au travail.
Exception sous conditions strictes
Ces interdictions peuvent être levées si le jeune est âgé d’au moins 16 ans et a reçu la formation professionnelle nécessaire. Il faut également prévoir un accompagnement par un travailleur expérimenté et contrôler l’efficacité des mesures de prévention.
Pour les jeunes en formation ou en contrat d’apprentissage, les travaux interdits sont déjà autorisés dès 15 ans s’ils sont indispensables à leur formation. L’accompagnement par un travailleur expérimenté et le contrôle des mesures de prévention restent toutefois une condition préalable.
Pour les étudiants jobistes, les exceptions ne s’appliquent que s’ils ont au moins 18 ans, s’ils suivent une filière d’études pertinente, s’ils sont encadrés par un travailleur expérimenté, avec des mesures de prévention effectives et s’ils sont soumis à l’avis préalable du conseiller en prévention et du CPPT.
La conduite d’engins de transport motorisés est en principe interdite aux étudiants jobistes.
Il existe toutefois deux exceptions.
Dès 16 ans, un étudiant peut être copilote d’un transpalette (max. 6 km/h) et à partir de 18 ans, il peut également être copilote d’un chariot à plateforme non élévateur (max. 16 km/h).
Travailler en tant qu’étudiant jobiste sous contrat d’intérim
De plus en plus d’étudiants jobistes passent par des agences d’intérim.
Cette méthode présente l’avantage de ne pas devoir chercher un emploi soi-même.
La législation sur le travail étudiant et celle sur le travail intérimaire s’appliquent à eux. Malheureusement, il apparaît que, comme pour les travailleurs intérimaires réguliers, les droits des étudiants jobistes actifs dans le secteur de l’intérim ne sont pas toujours respectés. En outre, ils sont confrontés à un risque accru d’accidents du travail.
Les statistiques montrent année après année que ce groupe est plus vulnérable aux accidents sur le lieu de travail, ce qui nécessite une attention particulière de la part des agences de travail intérimaire (l’employeur sur le plan juridique) et des entreprises (les «utilisateurs») où ces étudiants sont effectivement occupés.
Pour tout poste présentant des risques spécifiques pour la santé, l’étudiant jobiste doit recevoir une fiche de poste de travail de l’entreprise de travail intérimaire. Cette fiche décrit les tâches que l’étudiant jobiste devra effectuer, les risques associés et les équipements de protection individuelle nécessaires. Elle précise en outre s’il faut un suivi médical par un médecin du travail. L’entreprise de travail intérimaire est tenue d’expliquer cette fiche et d’en remettre une copie à l’étudiant jobiste. L’utilisateur (l’entreprise où travaille l’étudiant jobiste) doit fournir gratuitement à l’étudiant jobiste des vêtements de travail et des équipements de protection individuelle lors de l’accueil, ainsi que des informations sur les mesures de sécurité et les instructions (de sécurité) au travail.
En tant que militant, vous pouvez veiller à ce que ces obligations soient correctement appliquées et que tout se déroule conformément à la législation et à la réglementation.
Si vous avez un doute ou une question, n’hésitez pas à contacter l’équipe d’Interim United à l’adresse suivante: interim@acv-csc.be.
Plus d’infos:
• sur les droits et devoirs des intérimaires et des étudiants jobistes: www.lacsc.be/interimunited
• sur la prévention et l’intérim: www.p-i.be/fr