VOTRE QUESTION / NOTRE RÉPONSE /
Comment arrive‑t‑on à 156 jours dans la réforme des pensions?
Photo Shutterstock / 13 MAI 2026 / temps de lecture 1 minute
Nathalie Diesbecq
Conseillère juridique CSC
Conseillère juridique CSC
Dans la réforme des pensions du gouvernement Arizona, une année civile ne compte comme année de carrière complète que si l’on atteint au moins 156 jours travaillés ou assimilés, contre 104 auparavant. Ce relèvement suscite des questions, surtout chez les travailleurs à temps partiel: «156 jours, ce serait un mi‑temps, non? Pourtant, je n’arrive qu’à environ 130 jours.» D’où vient donc ce seuil de 156 jours?
L’explication se trouve dans une règle administrative historique du système de pension belge. Une année de carrière à temps plein est assimilée à 312 jours de travail. Cela remonte à l’époque de la semaine de six jours, où l’on travaillait du lundi au samedi (52 semaines × 6 jours = 312). Un travail à mi-temps est donc calculé comme la moitié de cela: 156 jours. Abandonner cette logique impliquerait de revoir tout le système de calcul des pensions, y compris des millions de dossiers existants. C’est pourquoi cette règle de base est pour l’instant maintenue.
Dans la réalité actuelle, on travaille surtout en semaine de cinq jours: un mi‑temps représente donc environ 130 jours par an (260 ÷ 2). Dans le système de pension, ces 130 jours sont toutefois convertis en 156 jours selon l’ancienne logique de la semaine de six jours (130 ÷ 5 × 6). La confusion vient donc simplement de deux méthodes de calcul différentes.
Le choix des 156 jours vise à harmoniser le système de pension. Pour les indépendants, une année de carrière ne compte déjà que si deux cotisations trimestrielles sont payées, ce qui équivaut à une activité à mi‑temps. Cette logique est désormais étendue aux salariés et aux règles du malus pension. Pour éviter ce malus, il faut totaliser au moins 156 jours travaillés ou assimilés durant 35 années civiles, ainsi qu’un minimum de 7.020 jours sur l’ensemble de la carrière. Cette réforme durcit nettement les conditions: les carrières antérieures à 2027 sont évaluées plus strictement, et les travailleurs qui restent juste sous les 156 jours ne peuvent corriger cela qu’avec très peu de jours fictifs (cinq pour toute la carrière).