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DANS L’ENTREPRISE /

Déchets en entreprise: un rôle moteur pour les délégués

TEXTE Tom Meremans / PHOTO Shutterstock (IA) / 15 octobre 2025 / temps de lecture 2 minutes

La question écologique ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise: elle s’invite dans les discussions syndicales, au cœur de la concertation sociale. C’est dans ce cadre que Brise, le réseau intersyndical bruxellois de sensibilisation à l’environnement (1) a organisé le 25 septembre une formation autour d’un enjeu central: la gestion des déchets.

Le public, composé de délégués et déléguées d’entreprise, a pu entendre l’intervention de Jean-Marie Savino, représentant de Bruxelles Environnement. Son message est clair: la gestion des déchets n’est pas uniquement une question de responsabilité environnementale, elle touche directement aux conditions de travail, à l’image de l’entreprise, et surtout… à ses finances.

Le déchet: un triple coût pour l’entreprise

«Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas», rappelle Jean-Marie Savino. Pourtant, une fois générés, les déchets pèsent lourdement sur le budget des entreprises. Entre l’achat des matières premières, leur transformation, puis leur collecte, le coût est triple, souvent sans que les employeurs n’en aient pleinement conscience.

Un des leviers majeurs pour réduire ces frais réside dans le tri. Au lieu de concentrer tous les déchets dans de grandes poubelles coûteuses, il s’agit d’installer des points de collecte différenciés pour chaque type de flux.

Aujourd’hui, environ 40% des déchets d’entreprise sont constitués de papier, bois, métal, verre et plastique. Mais les 60% restants demeurent mal identifiés et peu valorisés, ce qui montre l’ampleur des marges de progression. L’objectif fixé à l’horizon 2030 est d’atteindre 70% de recyclage et de réduire drastiquement les volumes incinérés.

Des gestes concrets au quotidien

La transition vers une gestion intelligente des déchets ne se fait pas du jour au lendemain. Mais les résultats sont là: certaines entreprises accompagnées par Bruxelles Environnement ont réduit leurs coûts de près de 50%.

Pour y parvenir, plusieurs bonnes pratiques s’imposent: remplacer les poubelles individuelles par des îlots de tri collectifs avec des codes couleurs; prévoir un espace de stockage suffisant et bien signalé pour les conteneurs; informer le personnel pour impliquer chacun et chacune.

Autre levier souvent négligé: renégocier les contrats avec les collecteurs pour obtenir des services plus adaptés et avantageux, tout en renforçant la concurrence dans le secteur.

Un rôle moteur pour les délégués

En conclusion, Mustapha Azzizi, coordinateur de l’équipe Mouvement de la CSC Bruxelles, a pointé le rôle essentiel des délégués dans la transition écologique. «Si les solutions ne viennent pas d’en haut - avec des politiques trop souvent timides, comme celles du gouvernement Arizona - elles doivent venir d’en bas. Ce sont les travailleurs et leurs représentants qui peuvent devenir acteurs du changement.»

La gestion des déchets en entreprise n’est donc pas une simple affaire de poubelles et de déchets à réduire: c’est un enjeu économique, social et écologique. Grâce à la concertation sociale, les délégués syndicaux disposent d’outils pour pousser leurs entreprises à agir.

 

(1) Brise forme à Bruxelles des délégués CSC, FGTB, CGSLB sur les enjeux environnementaux. Il les soutient pour mettre en œuvre des actions, des interpellations et amener des changements dans les entreprises.

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