close

Une question ou une remarque? Faites-le nous savoir!

Syndicaliste // Confédération des syndicats chrétiens (CSC) // Secrétariat de rédaction // Donatienne Coppieters // syndicaliste@acv-csc.be // Besoin de plus d'informations? Visitez www.cscmilitants.be

Retour au numéro actuel

EN DÉBAT /

Heures supplémentaires volontaires: les travailleurs gagnants ou perdants?

TEXTE Bram Van Vaerenbergh / PHOTO Shutterstock / 13 MARS 2026 / TEMPS DE LECTURE 3 MINUTES

Les heures supplémentaires de relance sont remplacées par un nouveau système d’heures supplémentaires volontaires. Les travailleurs pourraient effectuer jusqu’à 360 heures supplémentaires volontaires par an, dont 240 heures selon le principe du brut = net. Avantageux pensez-vous? Rien n’est moins vrai. L’employeur ne doit plus payer de sursalaire de 20, 50 ou 100% alors que ces heures bénéficiaient déjà d’un traitement fiscal avantageux. Résultat: tous les travailleurs qui passeront au nouveau système seront perdants.

bart.jpg

«Les heures supplémentaires volontaires sont‑elles vraiment volontaires?»

Bart Vannetelbosch,
secrétaire national CSC

Les heures supplémentaires volontaires ne peuvent être effectuées qu’avec un accord écrit préalable entre l’employeur et le travailleur. Cet accord est valable un an et est ensuite renouvelé tacitement. «Mais il faut fortement relativiser le caractère volontaire», explique Bart Vannetelbosch, secrétaire national à la CSC.

«Lorsque l’employeur demande de prester des heures supplémentai-res, il est difficile pour un travailleur de répondre “non”. Une étude récente d’HIVA montre que 40% des travailleurs n’effectuent pas leurs heures supplémentaires par choix libre. Et 360 heures, voire 450 heures dans l’Horeca, c’est totalement exagéré. Cela équivaut à plus de neuf semaines complètes de 38 heures prestées en plus de la semaine normale. Pour des travailleurs qui doivent souvent se contenter de quatre semaines de vacances, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée risque de voler en éclats.»

«Trop d’heures supplémentaires, c’est tout simplement mauvais pour la santé. Relever ce plafond revient à jouer avec la santé des travailleurs. Le gouvernement dit vouloir réduire le nombre de malades de longue durée et augmenter le taux d’emploi. Mais cette extension encourage surtout du travail qui rend malade et empêche la création de nouveaux emplois. Les travailleurs déjà en poste seront poussés par leur employeur à en faire toujours plus. Si dix travailleurs prestent chacun le maximum, soit 360 heures par an, cela équivaut à près de deux équivalents temps plein.»

«Il ne reste plus qu’à attendre le premier entrepreneur astucieux qui, de manière parfaitement légale, fraudera le fisc et la sécurité sociale. Qui sera le premier à réduire la durée hebdomadaire du travail de 38 à 30 heures dans son entreprise et à combler les heures manquantes avec des heures supplémentaires volontaires?» 

maarten.jpg

«Même si on le présente ainsi, ce n’est pas une bonne affaire pour les travailleurs»

Maarten Gerard,
responsable du service d’études de la CSC

La CSC a calculé combien le système des heures supplémentaires volontaires coûte aux travailleurs et rapporte aux employeurs. «Pour les heures supplémentaires donnant droit à un sursalaire légal de 20%, 50% ou 100%, il existait déjà depuis longtemps des avantages fiscaux. Le gouvernement veut rendre le système attrayant, mais les travailleurs y perdent bel et bien avec les heures supplémentaires volontaires», explique Maarten Gerard.

En principe, un travailleur ne peut pas prester plus de huit heures par jour ou 40 heures par semaine. Lorsque quelqu’un travaille plus longtemps, ces heures sont considérées comme des heures supplémentaires. Elles ne peuvent être effectuées que dans des situations spécifiques: travail avec des matières périssables, augmentation exceptionnelle de la charge de travail ou cas de force majeure. Dans les entreprises où il existe une représentation syndicale, il y a un contrôle sur ces pratiques.

Lorsque les heures supplémentaires sont prestées en semaine, les travailleurs reçoi-vent leur salaire horaire de base majoré de 20%. Pour le travail de nuit ou du samedi, la majoration est de 50%, et pour le travail du dimanche ou les jours fériés, elle est de 100%. Certains secteurs prévoient même des majorations plus élevées. Le système des heures supplémentaires volontaires est vendu comme "le brut égale le net",mais ne vous y trompez pas: les travailleurs y perdent réellement. Les heures supplé-mentaires avec majoration bénéficiaient déjà d’un traitement fiscal avantageux, ce qui signifie que tous les travailleurs qui passent aux heures volontaires y laisseront des plumes. Si vous effectuez 180 heures supplémentaires avec une majoration de 50% et un salaire horaire brut de 20,406 euros, vous perdez près de 1.500  euros par an, tandis que votre employeur économise presque 3.500 euros.»


Et vous?

Que pensez-vous du nouveau régime des heures supplémentaires?

Donnez-nous votre avis sur syndicaliste@acv-csc.be

plus

Articles liés publiés précédemment