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Inacceptable!
texte Ann Vermorgen, présidente de la CSC / photo Shutterstock / 19 novembre 2025 / temps de lecture 2 minutes
«Combien de collègues avez-vous déjà enterrés?» Après cette question, posée pendant une réunion par un militant qui travaille dans un aéroport, l’assemblée est restée bien silencieuse. Notre militant en a compté 40 sur 35 années de service. «Je ne peux pas prouver que c’est à cause du travail, a-t-il dit, mais les vols de courte durée, les compagnies aériennes à bas prix rendent la charge de travail insupportable. Nos horaires sont irréguliers. Sur une période de 22 jours, mon réveil sonne jusqu’à 17 fois à une heure différente. Sur le tarmac, le travail physique est lourd, par tous les temps. Il y a beaucoup de particules fines, beaucoup de bruit. Nous mangeons n’importe quand.»
Ces propos résument bien les raisons pour lesquelles nous avons lancé notre «appel de novembre», trois jours de grève les 24, 25 et 26 novembre. Le gouvernement De Wever veut prendre des mesures fortes qui toucheront les pensions et le droit du travail. Nos carrières seront ainsi plus longues, plus dures et plus flexibles. Avec de plus lourdes conséquences pour notre santé. Et pour une pension moindre. Celles et ceux qui seront forcés d’arrêter plus tôt seront lourdement sanctionnés. S’être occupé de sa famille pendant un temps, avoir été en incapacité de travail, avoir travaillé à temps partiel, voilà qui va coûter très cher. Une femme sur deux et un homme sur quatre seront concernés. Et, pendant notre carrière, nous devrons faire preuve d’encore plus de flexibilité, prester encore plus d’heures, en risquant de perdre des primes ou des périodes assimilées. Pour toutes ces raisons, les gens sont en colère, à juste titre. Et ils sont toujours plus combatifs.
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«Cette grève est un signal fort que les employeurs et le gouvernement ne pourront pas ignorer.»
ANN VERMORGEN
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Selina, une jeune militante, vendeuse chez Kruidvat, s’interroge: «Les politiciens voient-ils à quel point il devient difficile pour les jeunes de faire des projets d’avenir, de trouver une maison, de fonder une famille, sans parler de rêver de vieux jours insouciants? L’équilibre est rompu. La charge de travail augmente, les salaires sont sous pression, les coûts augmentent sans cesse, et la santé mentale vacille sous le poids d’attentes de plus en plus élevées. Nous ne voulons pas être la génération qui regarde sans réagir, alors que tout se détériore. Nous voulons être la génération qui dit clairement: «ça suffit!»
Ça suffit! D’où cette grève, ce signal fort que les employeurs et le gouvernement ne pourront pas ignorer. Nous le devons à nos collègues et à ceux qui viendront après nous. Parce que certaines choses sont inacceptables. Parce que les politiciens ont le choix. Parce notre résistance compte.
Merci à chacun et chacune d’entre vous. Ensemble, nous pouvons poursuivre nos efforts.