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La sécurité et la santé ne sont pas un jeu!

TEXTE Bart Vannetelbosch, secrétaire national de la CSC / 8 AVRIL 2026 / TEMPS DE LECTURE 2 MINUTES

Chaque année, le 28 avril, nous rendons hommage à toutes les victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Chaque victime est une victime de trop. Le tra--vail devrait être synonyme de bonne santé mais, pour un nombre croissant de travail-leurs, c’est précisément le travail qui les rend malade. Le risque d’accident ou de maladie n’est en outre pas identique pour tous les travailleurs. Le groupe des tra-vail-leurs vulnérables s’élargit d’année en année. Cette augmentation n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe de la flexibilisation croissante du marché du travail, qui constitue pourtant un axe prioritaire de la politique du gouvernement fédéral.

Aujourd’hui, près de 500.000 travailleurs sont occupés comme intérimaires. Il faut y ajouter plus de 600.000 étudiants jobistes, dont 300.000 par le biais de l’intérim. Près de 200.000 travailleurs occupent un flexi-job. La Belgique compte par ailleurs 250.000 travailleurs freelances.

Dans le même temps, on observe une croissance de l’emploi dans les secteurs précaires, caractérisés par des conditions de travail très flexibles, des relations de travail instables, un niveau de formation moyen faible, une forte proportion de travailleurs issus de l’immigration et des barrières linguistiques. Sans oublier les emplois dispersés, où les employeurs ont souvent peu de contrôle sur les conditions de travail, et les longues chaînes de sous-traitance dans lesquelles personne n’assume réellement ses responsabilités.

Si l’on y ajoute une augmentation des heures supplémentaires volontaires et du travail de nuit plus flexible et moins coûteux, on obtient un cocktail explosif qui entraîne une hausse des accidents et des problèmes de santé. De plus, les victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles se retrouvent encore trop souvent sans indemnisation ni soutien adéquats.

 

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«Le groupe des travailleurs vulnérables augmente d’année en année en raison de la flexibilisation du marché du travail.»

BART VANNETELBOSCH

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Les quelques chiffres dont nous disposons, ainsi que les témoignages des victimes elles-mêmes, en disent long. Les travailleurs qui ont peu d’ancienneté courent clairement plus de risques. Les intérimaires, par exemple, sont deux fois plus souvent victimes d’accidents du travail. Les prochains chiffres noirs des statistiques viendront-ils des travailleurs en flexi-job? Chez les travailleurs du secteur des titres-services – qui sont désormais plus de 140.000 – on observe une nette augmentation des troubles musculosquelettiques, qui ne sont souvent pas reconnus comme des maladies professionnelles. Dans le secteur de la construction, des accidents du travail graves continuent de se produire, souvent chez des travailleurs non assurés. Et récemment, le gouvernement a encore décidé de reporter de deux ans l’assurance accidents du travail obligatoire pour les travailleurs des plateformes.

En outre, la plupart des formes de travail flexible sapent le financement de la sécurité sociale. Au final, qui paie les factures pour un travail qui rend malade? Ce sont précisément les victimes elles-mêmes et la société dans son ensemble. Les travailleurs sont ainsi doublement pénalisés.

Il est temps d’agir pour limiter la flexibilisation excessive, protéger les travailleurs vulnérables et garantir une indemnisation et un soutien corrects en cas de problème. Tous les travailleurs devraient être égaux lorsqu’il est question de protéger leur sécurité et leur santé. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. La sécurité et la santé ne sont pas un jeu!

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