EN ACTION /
Liège / Quand les statues célèbrent les résistances féminines
TEXTE & PHOTO Loïc Dechène (adapt. David Morelli) / 13 MARS 2026 / TEMPS DE LECTURE 1 MINUTE
En amont de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, la CSC a drapé des statues de femmes d’écharpes des suffragettes.
Les Femmes CSC, avec le soutien de la plateforme Collectives et Ardentes, ont marqué le coup d’envoi de la mobilisation du 8 mars en nouant une écharpe autour de huit statues représentant une figure féminine emblématique, dans le centre de Liège. «Il s’agit de redonner visibilité et reconnaissance à ces femmes dont les contributions ont marqué l’histoire et continuent d’inspirer aujourd’hui», explique Catherine Deloo, permanente Femmes CSC à Liège.
L’action se voulait aussi un message politique clair. Dans un contexte de montée des discours antiféministes et de remise en question de nombreux acquis, les organisatrices dénoncent ce phénomène de «backslash», c’est-à-dire ces mouvements de retour en arrière qui surgissent lorsque l’égalité progresse trop vite aux yeux de certains. «Ce phénomène est malheureusement d’une brûlante actualité: les attaques à l’égard des femmes sont de plus en plus nombreuses, estime Isabelle Debroux, secrétaire fédérale de la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien. Les femmes sont particulièrement ciblées par les différentes mesures du gouvernement Arizona. Le Conseil d’État lui-même relève dans son analyse du projet de réforme des pensions l’impact disproportionné sur les femmes: il souligne une réelle discrimination de genre.»
Porte-voix de bronze
Les huit statues ont ainsi été drapées de la célèbre écharpe des suffragettes et se sont parées des couleurs propres aux différentes associations, afin d’affirmer un symbole fort de résistance et de solidarité. «Célébrer les résistances féminines, passées ou présentes, c’est honorer celles et ceux qui ont lutté hier et celles et ceux qui continuent, parfois au péril de leur vie, à le faire aujourd’hui, souligne Catherine Deloo. C’est rappeler une chose simple et essentielle: quand les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête.»
À Liège, le temps d’une nuit, les statues n’étaient plus seulement des témoins du passé: elles sont devenues les porte-voix d’une mobilisation bien actuelle.