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Septembre
TEXTE Ann Vermorgen, présidente de la CSC / 9 SEPTEMBRE 2026 / TEMPS DE LECTURE 2 MINUTES
Septembre. Les cartables sont prêts. Les agendas professionnels se remplissent. Les responsables politiques, eux, se préparent aux discussions budgétaires et à la déclaration de politique générale prévue en octobre.
Mais les signaux ne sont guère au vert. Les nouvelles provenant des secteurs et de notre économie sont préoccupantes. Et le Premier ministre reste étonnamment silencieux.
L’été a été marqué par des vagues de chaleur et par des inondations meurtrières au Népal et au Tibet, mais la question climatique semble déjà avoir disparu des radars.
Une question revient sans cesse: qui va payer la facture?
Dans les exercices budgétaires, l’imagination est souvent limitée. Les citoyens ordinaires ont donc de bonnes raisons de s’inquiéter.
Qu’en serait-il si l’on devait, une fois encore, aller vers une mauvaise réforme de la TVA? Des courses plus chères, des produits et des services essentiels qui coûteraient davantage aux ménages, tandis que les grandes failles fiscales resteraient intactes. Que signifierait une limitation de la norme de croissance dans les soins de santé? Des délais d’attente encore plus longs pour obtenir un rendez-vous à l’hôpital et une pression accrue sur les soins de santé.
Et ce n’est pas tout. Après l’indexation plafonnée, certains remettent déjà sur la table un nouvel affaiblissement de l’indexation automatique des salaires. Quels étaient déjà les partis qui promettaient de préserver l’index?
Pourtant, rien n’oblige à suivre cette voie.
«Ceux qui prétendent qu’il n’existe aucune alternative n’ont tout simplement pas regardé les autres options.»
ANN VERMORGEN
Ceux qui prétendent qu’il n’existe aucune alternative n’ont tout simplement pas regardé les autres options: une contribution plus juste des épaules les plus larges; des mesures efficaces contre la fraude et l’évasion fiscale; des investissements dans la prévention et dans le climat plutôt que des mesures d’austérité.
C’est pourquoi nous avons, dès le 9 septembre, relancé le dialogue dans les entreprises et dans la rue, grâce à nos journaux consacrés au budget. Car l’avenir de notre sécurité sociale, de nos soins de santé et de notre pouvoir d’achat nous concerne tous.
Au fond, c’est peut-être cela, la véritable déclaration de politique générale: non pas le discours qui sera bientôt prononcé depuis une tribune, mais les conversations autour de la machine à café, dans l’atelier, sur les chantiers ou sur le chemin du retour.
Et que nous disent ces conversations? Certainement pas qu’il faudrait imposer des économies aveugles. Elles expriment une aspiration à davantage de justice. À une pension décente. À des soins de santé accessibles et de qualité. À une économie qui aide les personnes, pas seulement les actionnaires. À une politique climatique qui n’est pas, une fois encore, reportée jusqu’à la prochaine catastrophe.