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DANS L’ENTREPRISE /

Solidarité avec la Palestine: Que pouvez-vous faire en tant que délégué dans votre entreprise?

TEXTE Stefaan Peirsman & Karin Debroey / PHOTO Bart Dewaele / 14 JANVIER 2026 / TEMPS DE LECTURE 4 MINUTES

Les souffrances des Palestiniens dans les territoires occupés se poursuivent sans relâche. À Gaza, les armes ont été déposées en grande partie, mais les conséquences de plus de deux ans de bombardements sont dévastatrices. Des dizaines de milliers de citoyens ont été tués, des hôpitaux, des écoles et des maisons ont été massivement détruits et les services de base restent bloqués. En Cisjordanie également, la colonisation se poursuit, avec une violence croissante de la part des colons et une destruction systématique de l’économie palestinienne. Pour la CSC, cette spirale d’occupation, d’apartheid et de violence est inacceptable. C’est pourquoi, nous nous engageons, avec nos partenaires palestiniens et européens, à placer les entreprises et institutions financières face à leurs responsabilités. En tant que délégué et militant, vous pouvez également vous engager dans votre propre entreprise.

Depuis plus de deux ans, le mouvement syndical belge, en collaboration avec de nombreuses organisations de la société civile, se mobilise massivement en faveur de la Palestine et contre la violence à Gaza. Le 7 septembre 2025, plus de 110.000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Bruxelles pour une manifestation nationale. La CSC fait également partie de la coalition DBIO (Don’t Buy Into Occupation (DBIO) (1), qui examine les liens financiers entre les entreprises et les institutions financières européennes impliquées dans l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

Demandez à votre entreprise d’assumer ses responsabilités

Les syndicats peuvent faire la différence, non seulement par le biais de mobilisations sociales, mais aussi sur le lieu de travail. En tant que délégué, vous pouvez profiter de la concertation sociale pour interroger votre employeur sur d’éventuels investissements, relations commerciales ou partenariats avec des entreprises israéliennes, surtout lorsque ceux-ci sont liés à l’occupation illégale. Sans la complicité de ces entreprises, le génocide à Gaza et l’occupation des territoires palestiniens seraient beaucoup plus difficiles. La fin de la collaboration peut certainement nuire à l’économie israélienne et augmenter la pression interne. En effet, en Israël aussi, de nombreux citoyens et organisations sont en désaccord avec leur gouvernement.

Comment aborder ce sujet?

Inscrivez ce point à l’ordre du jour après en avoir discuté avec votre permanent syndical. Les questions politiques sont autorisées, pour autant qu’elles restent fonctionnelles et contribuent à la concertation. Les points à l’ordre du jour doivent être approuvés par tous les syndicats. Des accords ont été conclus à ce sujet avec la FGTB. La durabilité et le devoir de vigilance prennent de plus en plus d’importance en raison de la réglementation européenne: évaluez le rôle de votre entreprise dans les territoires occupés.

Quelles questions pouvez-vous poser?

• Votre entreprise est-elle directement ou indirectement impliquée dans des activités en Israël ou dans les territoires palestiniens occupés?

• Existe-t-il des participations dans des entreprises israéliennes ou des liens avec le gouvernement israélien?

• Existe-t-il des contrats, des fournisseurs ou des sous-traitants liés à la colonisation, à l’occupation ou à des activités militaires?

Utilisez des rapports tels que ceux de la coalition DBIO pour étayer vos questions.

Quand intervenir?

• Ne posez pas toutes les questions en même temps. L’occupation israélienne est un sujet sensible. Votre employeur ne vous répondra probablement pas facilement.

• Lors de la présentation des informations de base et des informations annuelles, établissez le lien avec le reporting non financier et posez des questions sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

• Si votre entreprise compte un comité d’entreprise européen (CEE), celui-ci dispose de droits d’information et de consultation pour toutes les questions transnationales. Vous pouvez donc également soulever cette question lors d’une réunion du CEE.

 

(1) https://dontbuyintooccupation.org/

La résistance en pratique

Les militants CSC chez AXA Assurances et l’ASBL Esedra ont pris le taureau par les cornes et ont demandé à leur direction de se justifier.

Questions sur la politique d’investissement d’Axa Assurances
Depuis des années, les délégués CSC d’Axa Assurances posent des questions sur la politique d’investissement de leur employeur. Johan Cremer: «Axa figure sur la liste de boycott du mouvement Boycot, Divestment, Sanctions (BDS) (2) en raison de ses investissements auprès de fabricants d’armes qui approvisionnent l’armée israélienne. Lorsque nous interpellons la direction à ce sujet lors de la concertation sociale, elle répond de manière évasive. Nous estimons toutefois qu’il est important de continuer à poser systématiquement ces questions et de ne pas lâcher prise.»

Boycott des produits Teva à la crèche Esedra
L’ASBL Esedra gère plusieurs crèches dans la Région bruxelloise. Les militants CSC ont demandé, lors de la concertation sociale, de ne plus utiliser les produits Teva. «Teva est le plus grand fabricant de médicaments génériques au monde. C’est l’une des plus grandes entreprises israéliennes. Avec un chiffre d’affaires annuel de 15 milliards, elle verse des impôts considérables à l’État d’Israël, qui sont ensuite utilisés pour financer la politique de cet État, notamment le génocide à Gaza ainsi que la colonisation et l’expropriation de Palestiniens en Cisjordanie. Le PDG de Teva, Richard Francis, affirme: “Israël est notre ADN [celui de TEVA]” et qu’il utilise son entreprise pour “donner une perspective et une voix à Israël”. L’entreprise participe à de nombreuses initiatives visant à soutenir l’armée israélienne et collabore avec des sous-traitants actifs dans les colonies israéliennes illégales en Palestine. Avec les délégués syndicaux d’Esedra, nous exigeons donc des alternatives éthiques. Il ne s’agit pas d’une question marginale, mais du cœur même de ce que défendent les syndicats: la solidarité, la dignité et la justice.»-

 

(2) https://bdsmovement.net/

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