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Travailleurs de la chimie: l’heure est à la mobilisation
TEXTE David Morelli / PHOTO Paul Schoeters / 19 novembre 2025 / temps de lecture 2 minutes
Les négociations dans la le secteur de la chimie sont dans l’impasse: les représentants patro-naux rejettent les revendications des travailleurs. Pas d’augmentation des salaires, pas de prise en compte des métiers lourds dans les fins de carrières et aucune amélioration majeure des conditions de travail. Forts de leurs récentes consultations, la CSC, la FGTB et la CGSLB ont mis sur pied un plan d’actions d’envergure à travers le pays.
Durant les négociations sectorielles de la chimie, les représentants des employeurs ont adopté une ligne dure, à l’image du gouvernement Arizona: non aux augmentations salariales, non à la prise en compte des métiers lourds dans les fins de carrières, non à une meilleure combinaison vie privée-vie professionnelle et portes grandes ouvertes à l’intérim et aux flexi-jobs. En d’autres termes: non sur toute la ligne aux attentes des travailleurs.
Cette attitude patronale est dénoncée par les syndicats. «Les travailleurs remplissent un rôle moteur: production, innovation, travail de première ligne… parfois au détriment de leur santé et de leur vie privée. Ils portent à bout de bras les activités d’un secteur qui a les moyens, pointe Koen De Kinder, secrétaire fédéral à la CSC Bâtiment, Industrie & Énergie. Ils méritent à présent leur part».
À ce propos, la situation économique n’est pas aussi sombre qu’on voudrait le faire croire: «Les dividendes distribués aux actionnaires n’ont jamais été aussi élevés: plus de 25 milliards d’euros en 2024», révèle Michel Barbuto de la CNE. Face à ces chiffres imposants, la masse salariale est, elle, en berne: elle ne représente que 7,9% des coûts de production.
Les travailleurs déterminés
L’absence d’ouverture de la part de la fédération patronale de la chimie aux revendications syndicales a eu pour conséquence d’intensifier la détermination des travailleurs. Forts de leurs consultations organisées le 4 novembre, les syndicats ont reçu pour mandat de mettre sur pied un plan d’actions d’envergure.
Des concentrations nationales ont été organisées aux portes des entreprises Pfizer et Novartis à Puurs le 14 novembre et de Total-Energies à Feluy le 21 novembre». «Il s’agit de concentrations nationales accompagnées d’appels tout aussi nationaux», précise Michel Barbuto de la CNE. Des militants des quatre coins du pays se sont joints à ces deux rendez-vous».
Le 26 novembre, l’ensemble des équipes syndicales se mobiliseront. «La participation des travailleurs de la chimie à la grève générale interprofessionnelle du 26 novembre sera massive: comme par le passé, les militants s’activeront à travers le pays pour organiser des piquets de grève dans les entreprises du secteur», relève Koen De Kinder. La mobilisation portera à la fois sur les mesures politiques et à la fois sur les réalités sectorielles.»
Et ensuite? Le plan prévoit encore une journée sectorielle de grève le 5 décembre si la fédération patronale fait la sourde oreille. «Tant que les revendications des travailleurs resteront lettre morte, la mobilisation se poursuivra et s’intensifiera.», conclut Koen De Kinder.