ZOOM /
Un gâteau avec des trous
TEXTE Ann Vermorgen, présidente de la CSC / 10 SEPTEMBRE / TEMPS DE LECTURE 2 MINUTES
Il est beaucoup question de confection de gâteaux pour le moment, dans des programmes culinaires, mais également au niveau de la politique et de la concertation sociale. Il est alors souvent question de la «répartition du gâteau».
Même la Banque nationale de Belgique a récemment publié une étude sur l’évolution du gâteau économique. Que révèle cette étude? Elle révèle que la part qui revient aux salaires n’a cessé de diminuer au cours des dix dernières années. En comparaison avec les pays voisins, la part destinée aux salaires est également faible dans notre pays.
Ce constat confirme ce que nous observons depuis des années: la valeur ajoutée créée par notre économie - et donc par les travailleurs - bénéficie trop souvent aux profits des entreprises et aux dividendes des actionnaires, tandis que ceux qui la créent - les travailleurs qui s’échinent chaque jour leur lieu de travail - en reçoivent de moins en moins. Eux sont soumis au carcan de la modération salariale et de la norme salariale, carcan qui ne s’applique pas aux actionnaires. Le gâteau est donc réparti de manière inégale et laisse un en outre un arrière-goût amer.
La baisse de la part des salaires a également d’importantes conséquences pour les pouvoirs publics étant donné que la majorité de leurs recettes provient des impôts sur le travail. L’impact sur la société est par conséquent très important.
-//-
«La part qui revient aux salaires n’a cessé de diminuer au cours des dix dernières années»
Ann Vermorgen
_
Début septembre, j’étais un soir à Gand, ma ville natale, où des délégués du secteur public parlaient de leurs peurs et de leurs motivations après le meurtre d’Erik, un travailleur du CPAS. J’ai entendu beaucoup de propositions sensées de la part de personnes engagées, passion-nées par leur métier et soucieuses d’aider leurs concitoyens: le conseiller énergie qui se rend à domicile, l’ouvrier de chantier qui rend la route plus sûre et plus fluide au milieu du chaos de la circulation, la puéricultrice qui remarque qu’une famille fait face à des difficultés financières, avec tout le stress qui en découle…
Ce sont ces personnes qui font tourner notre société. Elles méritent du respect et une part équitable du gâteau. Pour ce faire, il faut une politique qui reconnaît la valeur de leur travail et qui y consacre des moyens. Or, c’est de plus en plus difficile lorsque la source des recettes se tarit et qu’ailleurs, l’argent coule à flots. C’est pour cette raison aussi que nous menons une action le 14 octobre. Parce qu’il faut que ça change!