TAPE À L’ŒIL /
Une rentrée des classes morose
TEXTE Donatienne Coppieters / PHOTO Shutterstock / 10 SEPTEMBRE 2025 / TEMPS DE LECTURE 2 MINUTES
Pour Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC Enseignement, la rentrée scolaire est marquée par la morosité et l’inquiétude des personnels de l’enseignement dont les professeurs.
«On manque de profs mais il n’y a pas de chiffres en Fédération Wallonie-Bruxelles, explique-t-il. La ministre Glatigny est bien consciente du problème, mais pour pallier ce manque, elle est prête à mettre n’importe quel adulte face aux élèves, sans formation et sans titre.»
Le 27 janvier 2025, ce sont près de 35.000 personnes qui sont descendues dans les rues de Bruxelles pour revendiquer le droit à une école de qualité pour tous les élèves et les étudiants face au «catalogue des horreurs contenues dans la Déclaration de politique communautaire (DPC) 2024-2029 du gouvernement MR-Les Engagés.» Pour la CSC Enseignement, la présence dans chaque classe d’un véritable enseignant est une des conditions essentielles à la garantie de ce droit.
Prétendant répondre à cette mobilisation historique, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a invité les organisations syndicales et les représentants des pouvoirs organisateurs à examiner les différentes facettes de cette pénurie en participant à quatre groupes de travail spécifiques, avec un rythme de discussion mensuel pour chacun d’entre eux.
Alors qu’elles avaient répondu positivement à cette invitation, les organisations syndicales en front commun (1) ont annoncé, le 22 août, qu’elles quittaient ces groupes de travail qu’elles qualifient de «parodie de dialogue social qui entend valider les solutions farfelues et délétères de la majorité MR-Les Engagés.»
Leurs arguments:
• Les «solutions» à la pénurie proposées par le gouvernement consistent uniquement à mettre un adulte, quelle que soit sa formation, devant les élèves. Le gouvernement réduit la profession à une fonction occupationnelle.
• Même lorsque les employeurs et les organisations syndicales s’expriment de façon unanime, les représentants du gouvernement restent sourds au dialogue social et aux réalités de terrain.
• Le gouvernement n’entend pas agir sur les véritables causes de la pénurie. Il maintient qu’il appliquera en priorité et quoi qu’il arrive les (fausses) solutions envisagées dans sa DPC. Avec pour conséquence une détérioration accrue de la qualité de l’enseignement, des conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels.
«Nous disons qu’il faut aujourd’hui des enseignants formés correctement qui ont fait le choix de devenir prof, renchérit Roland Lahaye. La plupart des enseignants qui quittent la profession prématurément sont ceux qui n’ont pas eu une formation de qualité. Il faut un cursus adapté à l’école d’aujourd’hui et encore plus de demain.»
(1) CSC Enseignement, CGSP Enseignement, Setca-SEL.
Écoutez l’interview de Roland Lahaye «Qui a eu cette idée folle d’un jour réformer l’école?», voir version PDF https://soundcloud.com/lacsc/qui-a-eu-cette-idee-folle-dun-jour-reformer-lecole