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Une vision du monde dépassée

TEXTE Ann Vermorgen, présidente / PHOTO Bart Dewaele / 13 MARS 2026 / TEMPS DE LECTURE 2 MINUTES

J’ai éclaté de rire - un rire un peu jaune, évidemment - en voyant passer en ligne une publicité d’un parti d’opposition. Jan Jambon, un téléphone à fil à la main. «Allô Jan? Les années 50 à l’appareil! Vous voulez qu’on revienne?»

Le 9 mars, après une édition réussie de la Journée internationale des droits des femmes la veille, les masques tombai-ent de nouveau avec une réaction de Jan Jambon: «Il serait temps que les femmes changent de comportement, elles n’ont qu’à s’adapter et travailler un peu plus!» Le ministre des Pensions combinerait-il lui-même un emploi à temps plein avec les tâches familiales et toute la charge mentale qui va avec? Et répartir les tâches de soin, cela ne devraitil pas impliquer peut-être aussi… un changement de politique? Et le ministre a-t-il déjà entendu parler des familles monoparentales?

Les partis de la majorité ont réagi, quoique timidement: «Mal dit et maladroitement formulé», a-t-on entendu chez l’un. «Nous prenons cela très au sérieux», affirmait un autre. Ou encore: «Cette déclaration ne correspond absolument pas à notre vision de la société.»

Le même parti laissait pourtant aussi échapper: «Celui qui est au chômage et se tourne les pouces, c’est lui qui doit changer de comportement.» Tout comme la déclaration de Jambon, cette affirmation témoigne d’un regard déconnecté de la dure réalité des gens ordinaires.

 

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«C’est clairement une vision du monde que nous ne partageons pas.»

ANN VERMORGEN

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Car les travailleurs «chômeurs» qui accom-plissent quotidiennement un travail utile dans les crèches et les écoles communales comme ALE, eux, n’ont toujours aucune solution. Les aidants proches «chômeurs », qui assurent des soins indispensables à leurs proches - souvent parce que le circuit formel déborde depuis bien trop longtemps - sont aussi visés. L’ouvrier ou l’employé d’un certain âge qui a perdu son emploi et ne retrouve plus de travail reçoit-il de réelles opportunités, ou est-il stigmatisé et laissé pour compte?

Les mesures, tout comme certaines déclarations de ce gouvernement, trahissent une vision du monde qui manque profondément de respect pour celles et ceux qui travaillent et qui prennent soin. Pour celles et ceux qui traversent des difficultés. Pour les chefs de famille, les minima de chômage peuvent tout simplement tomber sous le revenu d’intégration. Et même les employeurs trouvent cela acceptable. Apparemment, les familles peuvent couler dès que le chef de ménage perd son emploi. C’est clairement une vision du monde que nous ne partageons pas.
Et qui est à l’opposé d’un regard constructif et contemporain sur ce que travailler, prendre soin et vivre signifient aujourd’hui.

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