L’ÉDITO /
Budget 2026 : quand l’Histoire sert de voile
TEXTE : Lorenzo MARREDDA // HIVER 2025 // TEMPS DE LECTURE : 2 MINUTES
L’Histoire… Il y a ceux qui la lisent, ceux qui la citent et ceux qui la comprennent.
Or, certains discours politiques donnent l’étrange impression qu’elle n’est pas convoquée pour éclairer le présent mais pour le maquiller. À l’écoute du discours accompagnant le budget 2026 de l’Arizona, beaucoup auront perçu cet usage opportuniste des références antiques, comme si ce qui ne pouvait se défendre avec des mots simples devait être drapé de mythes et de figures héroïques.
Le Premier ministre a ainsi évoqué Héraclès au « carrefour », choisissant la déesse Arété et le chemin difficile pour finalement rejoindre l’Olympe. Mais l’on oublie souvent que ce choix fut suivi d’épreuves, de blessures, d’errances… et que la vie de ce héros antique se termina dans la souffrance d’un bûcher. Est-ce vraiment le chemin qu’on nous propose ?
La comparaison se poursuit avec Churchill. Un parallèle ambitieux qui sonne en décalage, tant les mots à l’époque étaient utilisés pour galvaniser son peuple face au nationalisme et à la destruction. Tout comme la référence à Dehaene, là où une comparaison avec Thatcher aurait semblé plus juste lorsqu’on entend : « Nous allons davantage nous concentrer sur ce que les gens peuvent encore faire et sur la manière dont ils peuvent encore occuper une place utile. » Difficile de ne pas y entendre l’écho du fameux « celui qui ne travaille pas, ne mange pas » souvent évoqué par cette ancienne première Ministre britannique.
Car ce budget repose sur une orientation politique claire et dangereuse tant elle oppose une partie de la population à une autre en faisant de certaines catégories de citoyens des variables d’ajustement, tandis que les plus privilégiés demeurent épargnés.
Rééquilibrer le budget national devenait nécessaire face aux enjeux nationaux et internationaux. Même nos eurodéputés belges l’ont admis lors du vote du pacte européen de stabilité. Mais nécessité n’est pas fatalité. Entre rigueur et choix politique, il y a un monde.
Et le gouvernement a choisi qui paierait l’addition : les plus fragiles et la classe moyenne.
Les alternatives existent, plus équilibrées, plus justes.
Elles n’ont pas été retenues. C’est pourquoi nous continuerons de nous mobiliser. Pour refuser la fracture - Pour défendre le principe de solidarité. Pour que l’effort soit porté par tous et non toujours par les mêmes.
Malgré ce contexte difficile, la CSC-Transcom vous souhaite, à vous et à vos proches, de belles fêtes de fin d’année et une année 2026 porteuse de luttes, de solidarités et d’espoir.
Bonne lecture. //
Lorenzo MARREDDA
Vice-président de la CSC-Transcom