close

Comment pouvons-nous vous aider ?

kijker

/Conductrice de train

Texte - Michiel Leen / Traduction et adaptation - A-C M-L / Photo - Sofie Gheysens / AUTOMNE 2025 / temps de lecture - 3 minutes

Conduire un train, cela ne peut quand même pas être si compliqué. Dorien Wouters, conductrice de trains depuis dix-sept ans, est bien placée pour savoir que les apparences sont trompeuses. Le travail ne s’arrête pas quand le voyageur est rentré chez lui par le dernier train.

EMPLOI SOUS LES PROJECTEURS /

«Nous rencontrons Dorien Wouters à la gare d’Anvers-Central. Après l’interview, elle commencera sa période tardive de travail comme conductrice d’un train international vers Amsterdam. Depuis octobre 2023, Dorien détient les brevets indispensables à la conduite de ce train. « En fait, un enfant pourrait conduire un train… à condition que tout se passe comme prévu. Il faut prendre plusieurs paramètres en compte. Tout d’abord, on ne peut partir qu’après avoir effectué un certain nombre de contrôles de sécurité et réparé les éventuelles pannes. Ensuite, il faut toujours avoir vérifié au préalable si des restrictions s’appliquent au trajet. Les bons conducteurs de trains doivent être résistants au stress, capables de résoudre les problèmes et oser décider, si nécessaire, de ne pas faire partir le train ».

Dorien a commencé à travailler à la SNCB à l’âge de dix-huit ans suite aux conseils d’un membre de sa famille. Au cours des examens, elle a rencontré son futur mari, devenu entre-temps conducteur de trains pour Eurostar. « Cela aide que nous soyons tous les deux employés aux chemins de fer car l’impact du travail en équipes sur la vie sociale n’est pas à sous-estimer. Les conducteurs travaillent à toute heure du jour et de la nuit. Et le travail n’est pas terminé quand le dernier train entre en gare d’Anvers. Il faut encore conduire le train à la station de lavage et le parquer au dépôt où le personnel technique et l’équipe de nettoyage vont le prendre en charge ».

Le respect de l’horaire

Dorien préfère conduire une locomotive tirant de nombreuses voitures. « C’est ça, le vrai plaisir de conduire un train », dit-elle avec enthousiasme. « Plus le matériel est récent, plus la conduite s’apparente à celle d’un tram : il suffit, pour ainsi dire, d’accélérer et de freiner. La conduite d’un train plus ancien est aussi plus complexe.
Il y a suffisamment de diversité. Aujourd’hui, je conduis une locomotive à l’étranger et dans quelques jours une rame automotrice (sans locomotive distincte, ndlr) vers Ostende ».

Tout comme les voyageurs, les conducteurs de train n’échappent pas aux retards... « On éprouve vraiment de la fierté en arrivant à temps. Ce qui me frustre le plus, ce sont les gens qui se promènent sur les voies. Ils ne se rendent pas compte du danger que représente leur comportement. Et nous n’avons bien sûr pas d’autre choix que de respecter strictement les règles de sécurité en vigueur, ce qui entraîne inévitablement des retards. »

 

« Les bons conducteurs de trains doivent être résistants au stress, capables de résoudre les problèmes et oser décider, si nécessaire, de ne pas faire partir le train »

Dorien Wouters

 

Et puis, il y a ce moment que tout conducteur de train redoute : une collision avec une personne se trouvant sur la voie. « J’étais conductrice depuis dix ans quand cela m’est arrivé, conformément aux statistiques. On sait que cela fait malheureusement partie du métier mais on ne monte pas dans la cabine de conduite en pensant que cela va arriver ce jour-là. Dans un tel moment, c’est l’impuissance qui domine. La seule chose qu’on puisse faire, c’est tirer le frein d’urgence. Heureusement, on est bien accompagné et pris en charge par la suite. J’ai réussi à surmonter cette épreuve et à reprendre le travail. Ceci dit, je comprends les collègues qui ont du mal à remonter dans la cabine de conduite après une telle expérience ».

Le positif l’emporte

Une analyse critique s’impose lorsque nous abordons le thème des conditions salariales et de travail. « Les conducteurs de trains, en tant que statutaires, bénéficient d’un bon salaire et de bonnes conditions de pension. Cependant, la SNCB ne peut rivaliser avec le marché privé. Depuis une dizaine d’années, la productivité est beaucoup trop mise en avant. Résultat : de plus en plus de collègues en sont victimes. Des emplois sont supprimés à des endroits où cela ne se produirait pas si les décisionnaires tenaient compte des réalités du terrain. D’où mon engagement au sein de la CSC-Transcom ».

Dorien tient toutefois à souligner que le positif l’emporte. « Quand on conduit un train vers la côte en été et qu’on voit tous ces voyageurs heureux d’être arrivés à Ostende, on se dit que ce métier en vaut vraiment la peine ». //