/Grégory Heuchamps et Xavier Martin
Texte : A-C M-L // Photos : CSC-Transcom // PRINTEMPS 2026 // TEMPS DE LECTURE 2,5 MINUTES
Dans une précédente édition du Tikà, vous nous aviez parlé des nombreux problèmes que connaissait Securail. Comment est-ce que la situation a évolué depuis lors ?
3 QUESTIONS À /
Securail : un tournant à saisir, un chantier à reconstruire !
Quelle est la situation du personnel Securail depuis l’article qui y a été consacré ?
La situation du personnel Securail a clairement évolué depuis notre dernier article. Même si la direction ne fera probablement jamais le lien entre l’enquête que nous avons menée et la fin de contrat, d’un commun accord, de la responsable du service, il est difficile pour nous de ne pas y reconnaître la trace de notre travail syndical.
Notre action a mis en évidence des dysfonctionnements profonds et persistants que beaucoup vivaient au quotidien sans pouvoir les exprimer pleinement. Aujourd’hui, si l’on peut se réjouir de voir les lignes bouger enfin, rien n’est gagné et aucun acquis n’est garanti.
Le climat de confiance a été sérieusement abîmé au fil des années. On ne reconstruit pas cela en un communiqué ou en changeant un nom sur un organigramme. Il faudra du temps, de la cohérence, du respect et des actes. Les agents ont formulé de nombreux constats et il nous appartient d’être à leurs côtés pour les porter, tandis qu’il revient à la direction d’y apporter de véritables réponses. Les attentes et les revendications du personnel sont claires : actuellement, directives et formations ne répondent plus aux besoins du terrain, il existe des difficultés structurelles dans la coopération avec les forces de l’ordre, on remarque un décalage grandissant entre les missions et les moyens disponibles, il convient d’ouvrir un chantier structuré de revalorisation du métier.
Le métier a donc évolué depuis sa création ?
Les changements sociétaux ne laissent plus de marge d’erreur : les faits de violence sont plus intenses, plus fréquents et souvent plus imprévisibles qu’auparavant. Les agents Securail n’interviennent plus dans un environnement comparable à celui d’il y a quelques années. Leur mission exige désormais une révision de leurs outils, de leur formation, de leur préparation et de l’organisation-même du service. Faire « comme avant » n’est plus une option.
« Reconstruire Securail devra se faire avec les agents et jamais contre eux »
Pour que le personnel constate rapidement des améliorations tangibles, il est indispensable que la direction mette en place des avancées rapides, visibles et concrètes. Parmi celles-ci, la prise en compte réelle des préférences horaires, une meilleure prévisibilité des plannings et une gestion plus humaine sont des signaux attendus depuis longtemps. Ce sont des gestes simples mais essentiels pour montrer que le changement n’est pas qu’une promesse abstraite.
Quelles sont les perspectives d’avenir ?
Reconstruire Securail devra se faire avec les agents et jamais contre eux. Leur participation active est non seulement souhaitable mais indispensable. Ils possèdent l’expérience, la compréhension du terrain et la volonté de faire évoluer leur service. À condition qu’on les écoute réellement.
Nous savons tous que la confiance se gagne en gouttes et se perd en litres. Après les années difficiles que beaucoup viennent de traverser, il serait temps que la direction comprenne qu’on ne relance pas un service en utilisant le fouet, ni en imposant du haut d’une tour ce que l’on refuse de discuter avec celles et ceux qui vivent les réalités du terrain.
Ce chantier sera long, exigeant, parfois confrontant, mais il est nécessaire. Et le personnel peut compter sur nous pour continuer à porter leur voix, leurs revendications et leur dignité, pas à pas, jusqu’à ce que le service retrouve solidité, respect et cohérence. //