L’ÉDITO /
Houston, we have a problem !
AUTOMNE 2025
Vous connaissez certainement cette phrase devenue célèbre grâce au film Apollo 13. Un incident technique met en péril une mission vers la lune, déclenchant une série de défis pour ramener l’équipage sain et sauf. Cette troisième mission d’alunissage (et septième mission habitée du programme Apollo) ne faisait plus vibrer les foules : après l’émerveillement des premières fois, l’exploit était devenu banal, presque normal. Il aura fallu une crise pour que les regards se tournent à nouveau vers cette aventure, que les gens recommencent à s’interroger, à s’inquiéter, à s’impliquer.
Aujourd’hui, j’ai envie de dire : Houston, we have a problem !
La sécurité sociale, le fonctionnement démocratique, l’accès à des services essentiels à des prix raisonnables, la réglementation du travail qui protège les travailleurs, les primes pour les horaires de nuit ou du dimanche… tout cela semblait aller de soi. C’était devenu banal, normal. Et c’est justement cette banalisation qui nous a fait baisser la garde.
Pendant ce temps, les loups entraient dans la bergerie. Ils ont commencé à déchiqueter ce qui faisait notre force collective, à saper les fondations de notre modèle social, à fragmenter l’unité de la Belgique, s’attaquer aux droits acquis,…
Ce qui ne passe pas par la porte, le gouvernement De Wever le fait passer par la fenêtre.
Aujourd’hui, le dialogue semble confisqué. Les décisions tombent d’en haut, comme si nous n’avions plus voix au chapitre. Comme si certains savaient mieux que nous ce qui est bon pour nous.
Mais ce n’est pas une fatalité.
Nous avons encore le pouvoir de nous exprimer, de nous organiser, de faire entendre notre voix.
Chaque mobilisation, chaque action collective est une réponse à ce mépris. C’est en reprenant la parole, en nous rassemblant, que nous pouvons redonner du sens à la démocratie.
Nous pouvons encore faire bouger les lignes.
Nous pouvons rediriger notre attention vers ce qui compte vraiment.
Nous pouvons défendre un système de protection sociale que peu de pays peuvent se vanter d’avoir.
Nous devons relever les défis, contrer les attaques, et protéger la qualité de l’emploi.
Le rêve est fragilisé. Il semble profiter à de moins en moins de gens.
Mais il est encore là, bien vivant.
Et surtout, il peut renaître, se renforcer, s’élargir — si nous décidons de le défendre ensemble.
La question n’est pas : « Pour combien de temps ? » mais plutôt : « Que sommes-nous prêts à faire pour qu’il dure et s’épanouisse ? »
Si vous voulez qu’il se prolonge, rendez-vous aux actions du 24 septembre 2025 à la gare de Namur et du 14 octobre 2025 à la gare de Bruxelles-Nord.
Si vous voulez qu’il s’améliore, rejoignez-nous, au quotidien, pour faire en sorte que ce qui semble banal reste une réalité au service du plus grand nombre.
Bonne lecture.
Lorenzo MARREDDA
Vice-président de la CSC-Transcom