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Indice ITUC-CSI 2025 des droits dans le monde*

Texte - A-C M-L / Photo - Shutterstock / AUTOMNE 2025 / temps de lecture - 2 minutes

Qu’est-ce que l’Indice ITUC-CSI des droits dans le monde ?

Selon l’ITUC-CSI (« International Trade Union Confederation » ou « Confédération Syndicale Internationale »), l’Indice constitue « la seule étude annuelle mondiale complète sur les violations des droits des travailleurs et travailleuses – ces droits aux libertés qui forment la base de l’État de droit démocratique et des conditions de travail équitables pour tous ».

Chaque année, cet indice classe les pays en fonction de la manière dont ils respectent les droits collectifs internationalement reconnus du travail et recense les violations commises par les gouvernements et les employeurs.

L’Indice 2025 en résumé

Sans surprise, cette douzième édition n’est pas un bon cru pour les travailleurs. D’avantage de pays affichent une dégradation. « Les notes moyennes des pays se sont détériorées dans trois des cinq régions du monde, l’Europe et les Amériques enregistrant leurs plus mauvais résultats depuis la création de l’Indice en 2014. Seuls sept pays sur les 151 que compte l’Indice ont reçu la note maximale. Les données font apparaître une forte augmentation des violations des droits fondamentaux, notamment l’accès à la justice, le droit à la liberté d’expression et à la liberté de réunion, et le droit de négociation collective ».

L’étude met en évidence le fait que de plus en plus de gouvernements adoptent ou essayent d’adopter des lois qui criminalisent, délégitiment ou rendent très compliqué le travail des organisations de la société civile, dont les syndicats. « Les violations du droit de grève et du droit d’enregistrer un syndicat restent à des niveaux record, soulignant l’intensification de la répression des libertés fondamentales des travailleurs ».

Plus concrètement

Si globalement en 2025, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient demeurent les pires régions pour les travailleurs, la note de trois pays s’est améliorée (Australie, Mexique et Oman). Les pays les mieux notés sont, par ordre alphabétique, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, l’Irlande, l’Islande, la Norvège et la Suède.

Quelques tendances interpellantes :

- Dans la moitié environ des pays sondés : des atteintes aux droits à la liberté d’expression et de réunion ont été rapportés. Il s’agit d’un pourcentage record pour l’indice.

- Dans presque trois-quarts des pays : les travailleurs ont un accès limité à la justice ou pas d’accès du tout. En 2024, ce pourcentage était à 64 %.

- Dans 131 pays : le droit à la négociation collective a été restreint. Dans trois pays sur 4, comme en 2024, les travailleurs ont été privés du droit de liberté syndicale et du droit de s’organiser.

- Dans 87 % des pays : le droit de grève a été mis à mal.

Bref focus sur l’Europe et la Belgique

Une détérioration constante a été observée en Europe au cours des quatre dernières années. Quasiment trois quarts des pays européens ont violé le droit de grève et près d’un tiers d’entre eux ont arrêté ou détenu des travailleurs et travailleuses.

En Belgique, en Finlande et en France, les autorités ont continué à réprimer les grévistes ; en Albanie, en Hongrie, au Monténégro, en République de Moldavie et au Royaume-Uni, les gouvernements ont abusé de leurs pouvoirs juridiques en élargissant de manière excessive la définition des « services essentiels » pour limiter le droit de grève. En France, près de quatre conventions collectives sur dix ont été imposées unilatéralement par les employeurs. L’Italie fait partie des sept pays qui ont vu leur note globale diminuer.

La Belgique obtient une note globale de 3, une catégorie signifiant la « violation régulière des droits ». Rappelons qu’en Belgique, le droit au travail et le droit d’association sont pourtant inscrits dans deux articles de la Constitution (les articles 23 et 27).

Conclusion

Pour reprendre les termes de l’ITUC, « un des outils les plus puissants dont nous disposons pour résister à la détérioration de la démocratie et à l’augmentation des inégalités est notre pouvoir collectif – résultant de l’organisation des travailleurs en syndicats indépendants. Le mouvement syndical mondial est la plus grande force démocratique sociale qui existe sur le globe pour défendre les libertés démocratiques, améliorer la vie des travailleurs et préserver leurs intérêts dans le monde du travail ».

« Plus le mouvement syndical sera solide et vaste, plus nous réussirons à inverser la tendance – pour une démocratie garante d’un avenir plus juste et plus durable pour tous ». //

 

*Référence : Indice des droits dans le monde - Confédération Syndicale Internationale, https://www.ituc-csi.org/global-rights-index

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