/Train manager
Texte : Michiel Leen // Traduction et interprétation : A-C M-L // Photo : Jan Locus // été 2025 // temps de lecture : 2,5 minutes
Prendre le train, c’est toujours voyager, même pour les accompagnateurs et les accompagnatrices de train. C’est en tout cas ce que pense Veronica Petrarca de son métier, qu’elle exerce depuis quatre ans. Depuis le mois de novembre 2024, elle travaille sur les lignes internationales entre Bruxelles et Rotterdam ou Bruxelles et Amsterdam.
EMPLOI SOUS LES PROJECTEURS /
« J’ai travaillé des années durant dans le secteur touristique jusqu’à ce que la COVID-19 s’en mêle. Ma fonction de représentante d’hôtels pour TUI aux Iles Canaries s’est abruptement terminée à ce moment-là. De retour en Belgique, j’ai travaillé dans un centre d’appels mais j’ai vite fait le tour de ce travail. J’ai compris que je n’étais pas faite pour rester derrière un écran d’ordinateur », se souvient Veronica.
« Le travail d’accompagnateur de train m’avait déjà interpellé quinze ans plus tôt mais je ne disposais pas de la nationalité belge, un prérequis indispensable à l’époque. Heureusement, la règlementation a entre-temps été adaptée, ce qui fait qu’il y a quatre ans, j’ai pu poser ma candidature à la SNCB en tant qu’étrangère, pour un poste d’accompagnatrice de trains. Avec succès » !
Pays-Bas et Belgique
Veronica a commencé à travailler comme accompagnatrice de train sur les lignes nationales, puis sur les lignes desservies par les trains EuroCity et EuroCity Direct, respectivement entre Bruxelles et Rotterdam et Bruxelles et Amsterdam. « J’aime le contact avec les gens venant du monde entier. Le fait que je parle cinq langues est très pratique avec les nombreux touristes voyageant en train en Belgique et aux Pays-Bas. Souvent, ils ne connaissant pas ces pays et je suis en mesure de les aider. Parfois, j’ai l’impression d’être guide touristique ».
« La collaboration avec les collègues hollandais se passe bien. J’ai remarqué de subtiles différences entre leur façon de faire et la nôtre »
Veronica Petrarca
« La collaboration avec les collègues hollandais se passe bien. J’ai remarqué de subtiles différences entre leur façon de faire et la nôtre. Ils sont plus directs dans l’application des règlementations alors que nous en faisons souvent une interprétation plus flexible », explique Veronica.
Un tempérament italien
La fonction d’accompagnateur de train – ou train manager, comme on les nomme sur les lignes internationales, comporte, entre autre, la vérification des moyens de transport. « Ce n’est qu’une toute petite partie du travail. L’information aux voyageurs est une des tâches les plus importantes. C’est pour cette raison que je fais constamment des allers-retours dans les couloirs du train. A la fin de la journée, je comptabilise plus de dix mille pas », s’exclame Veronica.
« Lors d’agressions verbales, je fais clairement comprendre qu’un changement de ton est de mise »
Veronica Petrarca
Une autre activité majeure du train manager est liée à la sécurité. « Il faut veiller à ce que toutes les portes soient bien fermées. La sécurité à bord tombe aussi sous la responsabilité du train manager. Nous sommes parfois confrontés à l’agressivité des voyageurs. Il s’agit la plupart du temps d’agression verbale. Mon tempérament italien m’aide à leur faire clairement comprendre qu’un changement de ton est de mise. Heureusement, j’arrive à assez bien estimer quand un passager risque de devenir trop agressif. Mon expérience de travail passée en tant qu’employée au comptoir des check-in d’un aéroport m’aide certainement à cet égard. Je suis régulièrement confrontée à de la violence physique. Comme la fois où une femme m’a jetée au sol et craché dessus quand elle a appris que son vol était annulé ». //