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DOSSIER 12 MARS /

Une autre politique est possible: il est temps de défendre nos alternatives!

Le budget de la Belgique plonge dans le rouge. En tant que syndicat, nous reconnaissons la nécessité d’un budget équilibré pour assurer la prospérité future. Toutefois, ces chiffres en berne servent de prétexte au gouvernement Arizona pour imposer des mesures idéologiques qui pénalisent de manière disproportionnée les travailleurs, sans pour autant nous sortir de l’impasse. Pourtant il existe des alternatives socialement justes, fondées sur une répartition équitable des richesses et la défense des intérêts des travailleurs. Une autre voie est possible. Il faut que ça change!

 

1. Mettre fin aux subventions inutiles accordées aux entreprises

Selon la Banque nationale et la Cour des comptes, les subventions liées à la première embauche (Plans Plus) n’ont pas démontré d’impact réel sur la création d’emplois, la productivité ou la croissance des entreprises. La suppression de cette mesure permettrait d’économiser 630 millions d’euros.

Une partie des aides à l’innovation s’avère également inefficace. Le Bureau du Plan estime que les mêmes résultats pourraient être atteints avec un budget réduit, générant une économie de 596 millions d’euros d’ici 2029.

Le remboursement partiel des accises sur le diesel pour les transporteurs routiers profite surtout aux entreprises étrangères et ne renforce pas la compétitivité de la Belgique.
Sa suppression rapporterait 619 millions d’euros.

La réduction prévue du plafond salarial pour les cotisations sociales ne crée pas d’emplois, mais fragilise la sécurité sociale. Annuler cette mesure et d’autres réductions permettrait d’économiser 750 millions d’euros.

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2. Mettre un terme aux montages fiscaux

Les revenus du travail sont lourdement taxés selon un barème progressif, tandis que ceux du capital (actions, loyers, etc.) sont moins imposés, voire pas du tout. Globaliser tous les revenus et les taxer comme un ensemble pourrait dégager jusqu’à 12 milliards d’euros. Cela permettrait de mieux récompenser le travail.

Aujourd’hui, une part croissante des travailleurs est rémunérée en stock-options. Elles ne doivent pas nécessairement provenir de leur entreprise. Taxer cet avantage comme un salaire – avec des cotisations sociales – pourrait rapporter plus d’un milliard.

Le rachat d’actions propres permet aux entreprises de bénéficier d’avantages fiscaux. Mettre fin à cette pratique pourrait générer jusqu’à un milliard pour le Trésor public.

Les sociétés de management bénéficient d’une pression fiscale bien plus faible que les travailleurs, ce qui favorise le phénomène des faux indépendants: le nombre de sociétés de management a doublé en cinq ans. Un durcissement des règles pourrait rapporter 803,8 millions.

3. Garantir un statut correct et des cotisations équitables pour tous

Aujourd’hui, de nombreux statuts dérogatoires bénéficient de cotisations réduites: le travail étudiant, le travail indépendant et les flexi-jobs. Ils affaiblissent la sécurité sociale et créent une concurrence déloyale sur le marché du travail. La suppression du taux préférentiel de cotisations sociales pour le travail des étudiants rapporterait 1,1 milliard supplémentaire au Trésor public. Il en va de même pour les flexi-jobs. Si ces personnes payaient des cotisations sociales et des impôts normaux, cela rapporterait 843 millions.
Par ailleurs, il est difficile de justifier que les indépendants cotisent moins que les salariés pour bénéficier de droits sociaux minimaux. La gestion globale de la sécurité sociale des indépendants n’est financée qu’à hauteur de 54% par les cotisations sociales des indépendants. Dans le cadre du régime des salariés, ce taux est de 65%. Augmenter les cotisations des indépendants rapporterait 1,3 milliard.

4. Mieux percevoir et utiliser les impôts existants

En 2023, notre pays a perdu 12,3% des recettes totales de la TVA en raison du paiement incorrect ou incomplet de cette taxe. Ramener l’écart de TVA – la différence entre ce qui aurait dû être perçu et ce qui l’a réellement été – à la moyenne européenne (9,5%), permettrait au gouvernement de récupérer 1,42 milliard.

Un renforcement de la lutte contre la fraude fiscale pourrait rapporter au moins 750 millions.

Les pouvoirs publics recourent de plus en plus souvent à des consultants externes. Limiter le recours à la consultance permettrait d’économiser au moins 200 millions.

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5. Instaurer une fiscalité plus juste

Une taxe sur les activités numériques, sur le commerce en ligne et le trafic des données, pourrait rapporter au moins 310 millions.

Un impôt sur la fortune, calculé sur les actifs nets – après déduction des dettes – permettrait de générer au moins 5 milliards.

Il est également crucial de rétablir la progressivité de notre système fiscal. Aujourd’hui, le 1% le plus riche contribue en moyenne à hauteur de 23%, contre 43% pour un citoyen moyen.
Ce n’est pas juste.

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