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PAROLES DE MILITANTE /

Ada Gianquinto, ouvrière en blanchisserie et déléguée chez Depairon à Verviers

TEXTE Donatienne Coppieters / PHOTO Jochen Mettlen / 11 février 2026 / temps de lecture 1,5 minutes

«Je refuse de retourner en arrière concernant les droits des femmes!»

«Depairon à Verviers est une blanchisserie industrielle qui compte environ 170 membres du personnel, dont 60 à 65% de femmes. C’est un travail à la chaîne très physique. Dans ma zone, la production, nous traitons entre 14.000 et 15.000 vêtements par jour. Bien que ce soit une entreprise familiale, la gestion a évolué avec le passage du flambeau du père au fils puis aux filles et neveux.

J’ai 37 ans de carrière et mon engagement syndical est profond. Je suis déléguée principale depuis huit ans et j’occupe des mandats en CE, CPPT et DS. Je dois me battre au quotidien pour faire reconnaître mes compétences en tant que femme déléguée. Je me bats car, dans ma vie, j’ai été impactée par de nombreuses violences faites aux femmes et, à l’époque, il n’y avait personne pour me défendre. C’est ma rencontre avec la permanente femmes de Liège-Verviers-Ostbelgien (LVO), dont les valeurs m’ont touchée, qui m’a poussée à rejoindre le comité des femmes de la CSC LVO il y a deux ans.

En effet, le sexisme est partout, y compris en entreprise. Raison pour laquelle je me bats au quotidien pour que de telles injustices n’aient pas lieu au travail. J’ai d’ailleurs suivi une formation diversité et j’ai plein d’idées d’actions pour y parvenir!

Pour porter nos revendications, je me suis investie dans la campagne «Super Maria» des Femmes CSC. Comme je suis couturière de formation, j’ai confectionné des casquettes et personnalisé une salopette blanche - offerte par mon employeur - en y inscrivant toutes les revendications de mes collègues. Quand je porte ce costume, je me sens à l’aise pour revendiquer haut et fort les droit des femmes et leur bien-être. Nous avons même créé un drapeau spécifique pour notre comité, mêlant le mauve pour la lutte contre les violences et le vert pour la CSC.

Je tiens à préciser que ce combat n’est pas seulement le mien, c’est celui de tout notre comité femmes. Nous venons de secteurs différents - enseignement, construction, titres-services… - et nous nous serrons les coudes. Seule, je ne suis rien, mais avec le comité et nos permanentes Femmes CSC, nous pouvons faire avancer les choses. Je refuse de retourner en arrière concernant les droits des femmes!»