EN ACTION /
«Les sweatshops sont littéralement des usines à sueur»
TEXTE Achact (adapté D.C.) / PHOTO Kristof Vadino / 13 MAI 2026 / temps de lecture 2 minute
Treize ans après la catastrophe du Rana Plaza à Dhaka, au Bangladesh, qui a coûté la vie à 1.138 ouvriers du textile, les ONG et les syndicats alertent sur un nouveau tueur silencieux dans le secteur: la chaleur extrême sur les lieux de travail.
L’effondrement du bâtiment du Rana Plaza, le 24 avril 2013, reste gravé dans la mémoire collective comme le symbole des conséquences mortelles de l’industrie de la fast fashion. Dans la foulée de la catastrophe, des marques internationales, des détaillants et des syndicats ont pris un engagement commun via l’Accord international sur la sécurité et la santé au Bangladesh: «Plus jamais ça!».
Grâce à l’accord, les problèmes liés à la vétusté des usines ont reculé. Mais garantir un environnement de travail réellement sûr pour les quatre millions de couturières et couturiers du Bangladesh reste un défi. Les issues de secours doivent faire l’objet d’un suivi systématique, le programme d’inspection des usines doit encore s’étendre, et de nouveaux risques apparaissent, notamment les températures extrêmes dans les ateliers de confection.
Des témoignages alarmants
Contrairement à un effondrement, la chaleur extrême ne fait presque jamais la une des médias. Et pourtant, face au stress thermique, les témoignages de travailleuses bangladaises sont alarmants: «J’ai pu constater de mes propres yeux les effets directs du stress thermique sur les jeunes travailleuses et ses conséquences sur leur corps et leur santé. Chaque jour, elles doivent travailler sans pauses suffisantes ni même d’eau potable», explique Kalpona Akter, du Bangladesh Center for Worker Solidarity. «Les victimes restent largement invisibles: des ouvriers qui s’évanouissent derrière leur machine à coudre, souffrent de problèmes cardiaques ou s’effondrent sous des températures insupportables, explique Jaklien Broekx, de la campagne Vêtements propres. Avec le réchauffement climatique, les marques de mode doivent intégrer explicitement les températures extrêmes et le risque de stress thermique dans l’Accord international. Les sweatshops sont littéralement devenus des usines à sueur.»
Le programme bangladais de l’Accord international pour la santé et la sécurité sera renouvelé en fin d’année. Pour la CSC et la FGTB, il est primordial que toutes les enseignes signataires restent dans l’accord et que celles qui refusent toujours de s’y engager – comme Décathlon, Ikea, Levi’s ou Kiabi – le signent immédiatement.
Comme le rappelle Sanna Abdessalem coordinatrice d’Achact, «les enseignes de mode sont toujours prêtes à se défiler face à leurs responsabilités. Treize ans après le choc suscité par l’effondrement du Rana Plaza, nous devons redoubler de vigilance et rappeler à ces entreprises de mode que nous ne cesserons jamais de les interpeller quand elles fuient leurs responsabilités».
Plus d’infos www.achact.be